“ Ce que je voudrais dire à celui ou celle qui est dans le trou, dans le tunnel, dans les dédales du labyrinthe, c’est qu’il y en a beaucoup qui sont ou qui ont été au fond du trou, tout à fait en bas des marches, face au vide, à la désolation, à la solitude, à l’effondrement de sa force vitale, face à une fatigue qui vous fige et vous cloue .Ce qui vous vient à l’esprit dans ces moments là, c’est l’image d’un champ en ruine auquel parfois vous vous comparez quand vous avez la force d’y penser. La perte de notre énergie nous expose à l'agressivité, au harcèlement des autres,à l'exclusion. On devient la victime toute désignée , le bouc émissaire...
Mais je peux vous rassurer: on peut en ressortir. Peut-être pas dans une semaine, peut-être pas dans un mois, peut-être dans plusieurs mois seulement et ça ne va pas être toujours marrant de vivre comme un zombi entre-temps mais voilà, ne jamais perdre de vue l’idée qu’on peut se soigner et en sortir...” Christian.
Il existe une maladie qui touche plus de 5 millions de personnes en France, une maladie qui peut vous empêcher de parler, de rire, de manger, de travailler, de dormir ou de vous lever le matin, une maladie qui peut vous empêcher de vivre, cette maladie, c’est la dépression.
Pour pouvoir parler de dépression, et donc de maladie, il faut que ces perturbations de l’humeur soient multiples et bien caractérisées, et qu’elles se manifestent de façon (quasi) permanente pendant une période supérieure à deux semaines.
La dépression est l’une des maladies psychiques les plus répandues.
"Si crainte et tristesse dure longtemps,
un tel état est mélancolique"
Hippocrate
La dépression en tant que “maladie” polymorphe est très difficile à cerner et mérite une étude approndie qu’on ne peut pas aborder dans cette page.
Pour aller à l’essentiel , je dirai que toutes les personnes dépressives disent éprouver une souffrance morale permanente, plus insupportable que toute autre souffrance déjà endurée. Ces personnes ont l’impression d’être coupées de leur entourage. L’état dépressif se caractérise par une véritable rupture par rapport au fonctionnement habituel.
Trois éléments principaux sont typiques de cet état
•une tristesse inhabituelle, particulièrement intense
•une perte d’intérêt et de plaisir qui touche tous les domaines de la vie
•une association de plusieurs symptômes durables qui entravent douloureusement la vie quotidienne
La liste ci-dessous peut vous aider à repérer certains de ces symptômes :
1) “ralentissement” dans tous les registres de la vie quotidienne : vie affective, fonctionnement intellectuel, forme physique, mécanismes vitaux et corporels
2) Dévalorisation de soi et pensées négatives
Les principaux symptômes sont les suivants : fatigue, manque d’énergie, découragement, douleur physique et morale. La fatigue dépressive ralentit tous les gestes . Les émotions, les pensées et les actions sont comme “engluées” par la maladie. La tristesse est particulièrement douloureuse, incompréhensible et envahissante. La personne est submergée par un sentiment de désespoir, une incapacité à éprouver du plaisir, une impression d’être vide, de ne plus éprouver d’émotions. On pleure sans raison ou au contraire on ne pleure pas malgré une détresse intense.
C’est comme si les dépressifs étaient à la fois “anesthésiés” et hypersensibles. Impression d’abandon, d’inutilité, de solitude : sentiment de ne pas être aimé des autres, de n’avoir rien à dire qui puisse les intéresser.
"Les gens qui se suicident sont des dépressifs"
Il faut savoir que la dépression est la première cause de suicide : près de 70 % des personnes qui décèdent par suicide souffraient d’une dépression.
Parfois le ralentissement intellectuel est tel que la personne voit tout en noir, il devient difficile de réfléchir, de trouver les mots, de parler. On a l’impression d’avoir la tête vide.
Souvent, on observe une diminution de l’attention, de la concentration et de la mémoire : fixer son attention, ne pas se laisser distraire, retenir ce qu’on vient de lire... accomplir ces tâches qui, jusqu’alors, s’effectuaient naturellement, sans y penser, exige un effort très important.
La personne est envahie par une mauvaise estime soi et une grande culpabilité : elle ne se sent bonne à rien ; elle se pense sans valeur ; elle s’accuse d’être responsable des événements pénibles qu’elle vit et des émotions désagréables qu’elle ressent. Ces idées noires sont en fait “ façonnées” par la dépression et disparaissent à la guérison de la maladie.
La dépression s’attaque également aux mécanismes du corps et les dérègle : le sommeil est souvent mauvais, moins profond, très court et peu réparateur. Dans d’autres cas, le sommeil est en excès. Toutes les relations sont affectées : au sein du couple et de la famille, avec les amis, dans le milieu professionnel.
L’évolution et le pronostic des état dépressifs ont été à la fois sous-estimés et sur-traités de façon univoque par les médicaments. Il faut éviter de se précipiter vers une réponse seulement médicale. Les traitements psychologiques sont souvent plus efficaces, à tel point que Julia Kristeva considère la psychanalyse comme un anti-dépresseur. Les dépressions sont traitées dans leur diversité et dans leur potentiel thérapeutique.
Oui, on peut sortir de la dépression, à condition d’en intégrer le vécu et les bienfaits ainsi que le proposent certaines thérapies psychocorporelles que je pratique car la dépression est surtout le révélateur des mutations de l’individu.
L’évaluation par un professionnel de santé est donc indispensable. Si vous vous posez des questions, si vous pensez avoir repéré plusieurs de ces symptômes, chez vous ou chez un de vos proches, consultez un thérapeute dans les meilleurs délais.
Je suis psychologue clinicien psychanalyste. J'ai une expérience solide dans la conduite de différentes thérapies de personnes en souffrance psychiques ou somatiques, ayant subit des traumatismes qui ont anéanti leur sentiment d’être soi, d’être humain durant plusieurs mois, souvent plusieurs années.
Je mesure les progrès, les transformations psychologiques, les changements toujours importants, parfois spectaculaires, qui apparaissent dans la vie de ces personnes que j'accompagne grâce à mon engagement en tant que thérapeute et grâce à la création d’un lien spécifique inédit qui pemet au sujet de se réapproprier un vécu impensable jamais vécu jusque là par la création d’un champs relationnel nouveau.
Les patients qui viennent me voir ont atteint un degré où le mal-être devient symptôme souvent ignoré du sujet. Il agit à bas bruit aux frontières du psychique et du somatique, marqué par une angoisse diffuse qui n’a pas de mots pour se dire.
Souvent, les mots manquent ou ne sont d’aucun secours face à l’indicible souffrance peuplé d’impressions inquiétantes, étranges en soi et en l’autre. Aussi, dès les premiers moments, dois-je offrir au sujet tous les moyens possibles qui l’aideront à réaffecter ce qui ne l’a jamais été, à rendre plus humain ce qui n’a pas été vécu comme tel. C’est sur ce terrain que je suis convoqué si je veux accompagner les personnes qui se confient à moi dans leur travail de renaissance.
Je me suis formé à des techniques de thérapie que je juge efficaces à ce combat contre ce qui consume et détruit.
Si dans certains cas surtout au début de la prise en charge la parole ne suffit pas ou se révèle peu active, alors les thérapies à médiation corporelle prouvent leur efficacité. Si les potentialités psychologiques ont été mises à mal par les épreuves de la vie ,la relaxation thérapeutique, la sophrologie ou l’hypnose offrent leur secours.
Et ainsi ,au fil du temps et des séances, le patient retrouve mémoire, pensée et forces vitales face à des souffrances silencieuses catastrophiques : souffrances personnelles ou transgénérationnelles, souffrances liées à l’histoire contemporaine ou à l’histoire personnelle, aux ruptures, aux déchirements et à toutes les formes de traumatismes.
Peu à peu, des liens se tissent malgré la peur des liens vécus comme une emprise intolérable. les conflits disparaissent, Les symptômes s'éffacent.
un fonctionnement plus harmonieux advient; la parole se fait plus fluide et surtout plus soignante.On fraternise avec l’inconnu, avec l’étranger que nous sommes, avec notre propre inconscient. Peu à peu, l’espace analytique devient un cadre sécurisant, une scène chaleureuse et propice à la révélation de soi-même à soi-même et progressivement à la reconstruction et à l'identification de sa personnalité quelle que soit l’échéance.
"La vie qui a crée le désespoir est plus forte que le désespoir"
Alain Granbois, Avant le chaos.
" Il paraît qu’il y a plus de vide que de plein entre les atomes
entre les molécules
entre les hommes
entre les planètes
entre les univers
entre les paroles
mais moi je sais
en vous voyant, en vous écoutant,
que ce vide n’est pas vide
il est plein d’amour de divin et de vie"
Christian Flèche