POURQUOI UNE PSYCHANALYSE ?
"l'Homme se bat toute son existence contre sa culpabilité : son malheur et son bonheur dépendent de drames d'enfance minuscules qu'il aura vécus comme cataclysmes. Il ne sait pas encore aimer vraiment, mais l'amour giclerait de partout s'il se libérait comme giclerait de partout la haine. Il lui faut un long, constant, terrible effort pour percevoir exactement ce qu'il voit, et concevoir ce qu'il ressent."
Edgar Morin, Introduction à une politique de l'homme
"Je peux seulement témoigner de ce que ma pratique me
fournit.Une analyse n'a pas à être poussée trop loin.Quand
l'analysant pense qu'il est heureux de vivre,c'est assez."
J.Lacan
Envisager une psychanalyse est probablement une des plus grandes décisions de la vie. En effet, il s’agit de tenter d’aller à la rencontre de soi-même pour surmonter une situation difficile, pour pacifier ses tumultes et sa guerre intérieure en donnant enfin la parole à celle ou à celui qui souffre en silence d’échecs, de ruptures, de blessures, de ce mal être qui ressemble à quelque chose d’étrange, d’étranger à nous-mêmes à l'intérieur de nous-mêmes, à notre enfant reclus, martyr, à notre corps qu’on n’a pas su écouter, si proche et pourtant insaisissable; à ce quelque chose qui vient du plus profond de nous-mêmes, quelque chose d’inconscient à dénouer...à délier.C'est l'introjection d'un point d'étrangeté radicale auquel le sujet s'identifie et à partir duquel il prend connaissance de son passé comme une mémoire en devenir. Le psychanalyste n'est pas un chaman qui fournit rituellement les signes d'une reconnaissance de l'Autre mais celui qui maintient ce point d'étrangeté de l'autre dans le transfert ( et du transfert) sans lequel le travail analytique cesse.
Ce travail nous invite à un voyage à l'intérieur de nous-même. Il nous invite à explorer l'inconnu que nous sommes, à percevoir comment nous nous construisons, comment nous nous détruisons, à partir des expériences que la vie nous propose, au rythme de nos désirs, de nos plaisirs et de nos souffrances.
Les raisons d’entreprendre une psychanalyse sont pour chacun différentes : très souvent, c’est pour soulager une souffrance, soigner un symptôme - pas nécessairement pathologique - trouver une solution à une situation de crise personnelle, conjugale ou décider de faire un véritable travail sur soi-même.
Parfois, c’est le désir de donner à sa vie et à son travail une autre dimension qui motive la cure car elle peut favoriser la réalisation de nos objectifs. La rencontre avec soi crée la nécessité de se surpasser. Pourquoi ? tout simplement parce qu’une épreuve précoce a déjà inscrit l’individu dans une revanche à prendre.
En cours et surtout ) la fin de cure les conflits intérieurs cessent. Les symptômes disparaissent. La personne "guérit" de ce qui la tourmentait. L'individu n’est plus tourmenté de ce qui l’habite et le constitue dans sa parole par rapport à son histoire.
Je suis tout a fait d'accord avec J. D Nasio. Oui, la psychanalyse guérit. Ce n’est pas un avis personnel ni une vague impression, mais un constat établi par de nombreux professionnels. Moi-même, j'ai eu la satisfaction d'avoir traité beaucoup de patients dont les troubles souvent graves se sont définitivement estompés. La guérison est un fait que je constate régulièrement dans l’exercice de mon métier, en recevant des adultes, des enfants, des adolescents, ou des couples ; la plupart viennent me consulter pour être délivrés d’une souffrance devenue insupportable.
J’insiste, ceux qui consultent un psychanalyste le font parce que leur vie, ou une partie de leur vie, est invalidée par la souffrance ; ils viennent parce qu'ils souffrent et non pour faire une expérience intellectuelle. La psychanalyse n’est pas un lieu de méditation ni de réconfort de la pensée ; au contraire, elle est une relation éminemment affective, voire passionnelle, où ce qui domine est l’amour, la frustration, quelquefois la haine, et toujours l’inattendu. C’est une relation faite d’émotions parce que c’est avec l’émotion qu’analyste et patient auront la possibilité de comprendre, dans l’intensité de leur échange, quelle est la cause à l’origine des souffrances.
"La fin heureuse d'une psychanalyse est de reconnaître
ses limites et de les aimer" J.D.Nasio
La psychanalyse devrait être conseillée à un enfant lorsqu'il a des problèmes scolaires. À cet âge, la thérapie permet de reprendre plus facilement le cours de son évolution psychique et scolaire.
Elle est impérative à l'adolescence souvent traumatisante lorsqu’on sent que l'adolescent entre dans une crise qui risque de le casser définitivement.
La cinquantaine est aussi un passage difficile avec l'andropause et la ménopause qui souvent s'ajoutent au départ des enfants qui quittent la maison parentale pour faire leur vie.
Le plus grand nombre de cure commence toutefois assez tôt lorsqu'il s'agit de passer d'une adolescence prolongée à l'âge adulte quand s'amplifie le sentiment de "passer à coté" de sa vie. Ou lorsque les souffrances, les échecs, les ruptures, voire encore la liste de médicaments, nous amène à cette intuition que quelque chose, au fond de soi, quelque chose d'étranger pourtant familier nous fait signe nous interpelle et s'échappe, l'inconscient à découvri dont se "dé-lier"pour s’allier et se réconcilier ainsi avec cette vérité libératrice.
Une psychanalyse commence lorsque par une parole qui se cherche, quelqu'un s'éloigne de sa famille et de lui-même, au coeur de ce qu'il cherche.
