LES PSYCHOTHÉRAPIES
La psychothérapie psychanalytique
« La psychothérapie ne consiste pas à donner des interprétations astucieuses et en finesse ; à tout prendre, ce dont il s'agit, c'est de donner à long terme en retour au patient ce que le patient apporte. C'est un dérivé complexe du visage qui réfléchit ce qui est là pour être vu. J'aime à penser ainsi à mon travail et aussi que, si je fais suffisamment bien cette tâche, le patient trouvera son propre soi, sera capable d'exister et de se sentir réel. »
Donald W. Winnicott
Dès 1918, Freud a appelé de ses voeux de nouveaux développements des traitements psychanalytiques. De nombreux facteurs ont conduit les psychanalystes à la pratique, historiquement croissante, des psychothérapies, dont l'élargissement des indications et la confrontation aux états limites. De ce point de vue Ferenczi et son élève Balint ont été des précurseurs de tout un mouvement qui a rapproché l'analyse dite classique et la psychothérapie.
Dans cette même direction initiale les apports théoriques de Winnicott d'une part, et de Bion d'autre part, ont joué un rôle important dans toute une évolution qui a donné fondement aux psychothérapies psychanalytiques non sans induire des changements
Les psychothérapies psychanalytiques ont pour principe le maintien des règles fondamentales de la psychanalyse et pour but, comme celle-ci, non pas directement la disparition des symptômes, mais l'appropriation par le sujet de sa vie psychique inconsciente. Faite par des psychanalystes, elles permettent des transformations significatives, parfois spectaculaires. Elles sont ou deviennent psychanalytiques dès lors qu'est maintenu à partir du contre-transfert, le cap de l'interprétation des résistances et des conflits actualisés par le transfert.Tout dépend en fait de l'organisation psychopathologique dont il s'agit et, dans une certaine mesure, du style et de la personnalité de l'analyste.
La psychothérapie psychanalytique se distingue toutefois de la psychanalyse par le cadre : un rythme moins intensif, le face à face plutôt que le divan.
Elle se rapproche plus d'un traitement au sens habituel du terme.
L'expérience a montré qu’elle n’entraine pas de retard dans l'engagement du patient dans l'analyse classique.
Il peut ou non y venir dans un temps second.
Décider d'engager une psychothérapie, est une démarche profondément individuelle, personnelle, dont les déclencheurs et les objectifs peuvent être multiples.
Le rôle du psychothérapeute sera de vous accompagner, de vous aider, par son questionnement adéquat et respectueux, par son écoute attentive, et ses interventions précises et ciblées, tout au long de votre processus de changement.
Il suffit parfois d'un déclic pour amorcer ce changement.
La durée de votre thérapie sera fonction de votre objectif.
Elle peut durer de quelques semaines , dans le cas d'une aide ponctuelle, ou plus longtemps si votre volonté est d'effectuer un véritable travail identitaire, ou lorsqu'une aide psychologique ponctuelle ne suffit pas.
La nature et la durée du travail sont adaptées précisément aux besoins de chacun
La psychothérapie psychanalytique corporellle
“Il ya le corps que l’on a et le corps que l’on est.”
Durkeim.
"Rien n'est pensable s'il n'est incarné"
(G. Haddad, Freud en Italie)
"Nul ne peut avoir de lien avec son prochain
s'il n'en a pas d'abord avec lui-même"
Carl Gustav Jung
“Fais du bien à ton corps pour que ton âme
ait envie d’y rester.”
Proverbe indien
LA RELAXATION PSYCHANALYTIQUE
" Sans l’âme le corps n’aurait pas de sentiment, et sans le corps l’âme n’aurait pas de sensation "
Le corps et son langage ont commencé à trouver une place dans la culture occidentale autour des années 60. Ce sont certains disciples de S. Freud comme G. Groddeck, W. Reich, O.Rank et quelques autres qui ont ouvert la voie à de nouvelles thérapies centrées aussi sur le corps.
Auparavant les approches verbales étaient nettement dominantes.
C’est à Esalen, sur la côte ouest américaine que des méthodes dites psychocorporelles furent mises au point, passant par le corps pour apaiser les troubles psychiques, libérer les émotions et rencontrer l’harmonie intérieure.
Le « training autogène » de Johannes Heinrich Schultz qui date du début du XX° siècle demeure l’approche mère de ce nouveau mouvement.
Une séance en position assise ou allongée commence par une série d’inductions qui s’articulent autour de la sensation de pesanteur, de chaleur et se poursuit par des exercices complémentaires concernant le rythme cardiaque, l’appareil respiratoire, la sphère abdominale et le visage.
Le training autogène de J.H. Schultz inspira donc plusieurs praticiens : J.de Ajuriaguerra, G.Alexander, Jacobson, Jarreau et Klotz ou R.Vittoz.
Ces méthodes ont toutes en commun, le relâchement musculaire avec son cortège de
sensations, « une plongée à l’intérieur de soi » « introspective ».
Elles renouent avec les fondements biologiques de la vie et le plaisir de mieux habiter son corps et sont considérées plutôt comme des processus de développement personnel.
La méthode française élaborée par le docteur Michel Sapir et son équipe, détachée du tronc originel de Schultz , est d’inspiration psychanalytique. Elle est aussi bien applicable en cure individuelle qu’en groupe et centrée sur le corps.
Le psychanalyste Pierre Fédida précise « la relaxation se laisse concevoir soit comme une expérience pré-analytique soit encore comme une véritable psychothérapie à médiation corporelle reposant sur des indications spécifiques possédant ses finalités propres, et pouvant être cependant complémentaire éventuellement d’une psychanalyse. »
Le projet de cette méthode est d’instaurer un dialogue entre le patient et le psychothérapeute, de l’ouvrir, de restituer la parole dans un corps devenant alors le seul lien d’échanges possible. Il en vient alors à exister en tant « qu’inconscient ».
Le toucher et les inductions favorisent l’émergence d’une parole qui arrive à nommer le ressenti permettant ainsi une nouvelle relation.
Cette technique favorise la jonction corps-esprit , une nouvelle façon d’être en relation au monde.
La relation qui se noue entre le thérapeute et le patient au cours de la relaxation rend possible l’accès au corps qui ne serait plus celui de la plainte mais celui d’un plaisir, d’un désir.
Cette relation favorise l’émergence de sensations, le jaillissement de souvenirs enfouis depuis l’enfance dans le corps allongé et passif. Il pourra être question de vie , de plaisir et d’autres choses encore dans le silence et dans la parole. Tout pourra être nommé.
La relaxation psychanalytique vise à la subjectivation de la personne, à une appropriation de son corps (corps anatomique, corps de désir, corps dans son histoire, corps relationnel ) mais également à la mobilisation de ses fonctionnements psychiques. La régression induite par la relaxation court-circuite les défenses les plus habituelles du sujet, favorise l’accès à des processus inconscients, éventuellement moins accessibles par la parole seule.
La grande souplesse de la méthode ouvre à des indications davantage guidées par des éléments cliniques, tranférentiels et contre-transférentiels que par des repères nosographiques précis. Aussi bien les défauts de mentalisation, que la parole intellectualisée ayant perdu son ancrage corporel y trouvent une approche pleine d’intérêt, permettant très souvent un tout autre travail par la suite.
La relaxation psychothérapique est aujourd'hui l'un des courants les plus prometteurs dans le domaines des psychothérapies.
L’indication d’une relaxation s’impose parfois lors d'une psychanalyse, dans le traitement de l'alcoologie, lors de certaines douleurs (maux de tête, céphalées ou de dos) mais surtout dans le traitement des troubles sexuels, les troubles de l'image du corps, les troubles de l'idendité , les troubles anxieux, les somatisations, la phobie, la dépression, l’hypocondrie, le stress, les troubles du sommeil, la dermatologie, l'orthophonie.
Elle est indiquée chez l'enfant, l'adolescent, chez les séniors, dans les thérapies cognitives et comportementales, les états modifiés de conscience.
“Le corps , ça devrait vous épater”.
Lacan.
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