LES PSYCHOTHÉRAPIES
La psychothérapie psychanalytique
" L’homme peut se préserver de tout sauf de lui-même"
Ali
" Ne cherche pas de secours auprès d’un autre que toi même.
Le remède à ta blessure est la blessure elle-même."
Jalal ad-din Rûmi, soufi ( VII siècle.)
Dès 1918, Freud a appelé de ses voeux de nouveaux développements des traitements psychanalytiques. De nombreux facteurs ont conduit les psychanalystes à la pratique, historiquement croissante, des psychothérapies, dont l'élargissement des indications et la confrontation aux états limites. De ce point de vue Ferenczi et son élève Balint ont été des précurseurs de tout un mouvement qui a rapproché l'analyse dite classique et la psychothérapie.
Dans cette même direction initiale les apports théoriques de Winnicott d'une part, et de Bion d'autre part, ont joué un rôle important dans toute une évolution qui a donné fondement aux psychothérapies psychanalytiques non sans induire des changements
Les psychothérapies psychanalytiques ont pour principe le maintien des règles fondamentales de la psychanalyse et pour but, comme celle-ci, non pas directement la disparition des symptômes, mais l'appropriation par le sujet de sa vie psychique inconsciente. Faite par des psychanalystes, elles permettent des transformations significatives, parfois spectaculaires. Elles sont ou deviennent psychanalytiques dès lors qu'est maintenu à partir du contre-transfert, le cap de l'interprétation des résistances et des conflits actualisés par le transfert.Tout dépend en fait de l'organisation psychopathologique dont il s'agit et, dans une certaine mesure, du style et de la personnalité de l'analyste.
La psychothérapie psychanalytique se distingue toutefois de la psychanalyse par le cadre : un rythme moins intensif, le face à face plutôt que le divan. Elle se rapproche plus d'un traitement au sens habituel du terme.
L'expérience a montré qu’elle n’entraine pas de retard dans l'engagement du patient dans l'analyse classique. Il peut ou non y venir dans un temps second.
Décider d'engager une psychothérapie, est une démarche profondément individuelle, personnelle, dont les déclencheurs et les objectifs peuvent être multiples.
Le rôle du psychothérapeute sera de vous accompagner, de vous aider, par son questionnement adéquat et respectueux, par son écoute attentive, et ses interventions précises et ciblées, tout au long de votre processus de changement.
Il suffit parfois d'un déclic pour amorcer ce changement.
La durée de votre thérapie sera fonction de votre objectif.
Elle peut durer de quelques semaines , dans le cas d'une aide ponctuelle, ou plus longtemps si votre volonté est d'effectuer un véritable travail identitaire, ou lorsqu'une aide psychologique ponctuelle ne suffit pas.
La nature et la durée du travail sont adaptées précisément aux besoins de chacun
La psychothérapie psychanalytique corporellle
“Il ya le corps que l’on a et le corps que l’on est.”
Durkeim.
"Rien n'est pensable s'il n'est incarné"
(G. Haddad, Freud en Italie)
"Nul ne peut avoir de lien avec son prochain
s'il n'en a pas d'abord avec lui-même"
Carl Gustav Jung
Le corps et son langage ont commencé à trouver une place dans la culture occidentale autour des années 60. Ce sont certains disciples de S. Freud comme G. Groddeck, W. Reich, O.Rank et quelques autres qui ont ouvert la voie à de nouvelles thérapies centrées aussi sur le corps.
Auparavant les approches verbales étaient nettement dominantes.
C’est à Esalen, sur la côte ouest américaine que des méthodes dites psychocorporelles furent mises au point, passant par le corps pour apaiser les troubles psychiques, libérer les émotions et rencontrer l’harmonie intérieure.
Le « training autogène » de Johannes Heinrich Schultz qui date du début du XX° siècle demeure l’approche mère de ce nouveau mouvement qui inspira donc plusieurs praticiens : J.de Ajuriaguerra, G.Alexander, Jacobson, Jarreau et Klotz ou R.Vittoz.
En France la psychothérapie psychanalytique de relaxation, a été conçue il y a quarante ans dans le service où travaillait le Professeur Julian de Ajuriaguerra à l’hôpital Sainte-Anne à Paris, avant qu’il ne parte en Suisse où il a étendu le développement de la méthode de relaxation en Italie.En France,les recherches théorico-cliniques des psychanalystes de la SPP ont soutenu son développement.
La psychothérapie analytique de relaxation ou psychothérapie corporelle met le patient en lien avec son corps. La relaxation touche à des phénomènes archaïques,préverbaux,qui demandent à être attentif au maniement de la régression et aux signifiants corporels de la souffrance psychique.Comme telle, elle ne saurait être confondue avec une technique de détente.
Comme c’est toute la personnalité globale- corps et psyché- qui “ travaille ” dans la séance, c’est à la personnalité globale du patient que s’adresse le projet thérapeutique. “Avoir un mode de pensée psychanalytique par rapport au corps” comme le soulignait J. de Ajuriaguerra. Le psychothérapeute de psychothérapie psychanalytique de relaxation, se situe dans la même origine et la même pensée de découverte de Freud concernant l’écoute du fonctionnement psychique.
Comme l'a toujours affirmé Freud, c'est la sensation qui est à l'origine de la formation du Moi. Faire sentir son corps à un sujet, et le mettre en mots, est un réel travail psychothérapique, à l'origine souvent de processus de changement étonnants. Le relaxateur est une sorte d'alchimiste de l'incarnation parce qu'il va transmuter la sensation et la tension, en pensée. On sait, par expérience, que pour beaucoup de patients, une psychothérapie verbale n'aura jamais aucun effet ; la psychothérapie, chez eux, pour être efficace devra passer par ce travail sur le corps. Les indications thérapeutiques les plus importantes seront : l'anxiété, le stress, l'insomnie, le manque de confiance en soi, les phobies, les maladies psychosomatiques (notamment les douleurs rebelles), les troubles de l'identité, les troubles sexuels, l'alcoolisme.. Rappelons-nous toujours que c'est par le corps que la psyché se construit
Pour conclure nous ajouterons comme le rappelle si bien l'article de M.Hadjelatché que La relaxation psychanalytique vise à la subjectivation de la personne, à une appropriation de son corps (corps anatomique, corps de désir, corps dans son histoire, corps relationnel, marqué par la castration) mais également à la mobilisation de ses fonctionnements psychiques. La régression induite par la relaxation court-circuite les défenses les plus habituelles du sujet, favorise l’accès à des processus inconscients, éventuellement moins accessibles par la parole seule.
La grande souplesse de la méthode (dont il est souhaitable qu’elle ne soit pas le mode d’approche exclusif du thérapeute) ouvre à des indications davantage guidées par des éléments cliniques, tranférentiels et contre-transférentiels que par des repères nosographiques précis. Aussi bien les défauts de mentalisation, que la parole intellectualisée ayant perdu son ancrage corporel y trouvent une approche pleine d’intérêt, permettant très souvent un tout autre travail par la suite.
En effet dans la relaxation psychanalytique, le patient est engagé à associer (souvenir, images, pensées fantasmes) à partir de ce qu'il ressent dans son corps, à l'occasion d'un moment de détente. Cette médiation corporelle favorise les mécanismes de liaison entre représentation et affect par le biais des éprouvés corporels ; elle relance ainsi les processus signifiants. La relaxation constitue un lieu potentiel, un lieu pour écrire et réécrire son histoire. Toutes ces approches s'inscrivent en droite ligne dans le courant de recherche que mènent des auteurs comme J.H. Schulttz, Ajuriaguerra , Vittoz,E. Jacobson, M.Sapir,J.Marvaud,Y.Ranty, etc.
“Le corps,ça devrait vous épater”.
Lacan.